Page 166 - Histoire de France essentielle
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Lectures. 158 — LA RÉVOLUTION.
78e Lecture. — Les assignats.
Les assignats (./<;/■ i35 el 136) étaient un papier-monnaie assez sem
blable à nos billets de banque. Ils furent employés de 1791 à 1796.
L’Assemblée constituante et l’Assemblée législative avaient enlevé au
clergé et aux émigrés les terres et maisons qu’ils possédaient en France,
et en avaient ordonné la mise en vente. Les assignats représentaient
ces biens, dits biens nationaux. Quand une personne achetait un bien
national, elle pouvait payer en assignats,qui, une fois rentrés au Tré
sor, étaient brûlés.
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Fig. 135. — Assignat de dix livres. Fig. 136. — Assignat de quinze sols.
Mais comme on doutait du succès de la Révolution et du maintien
des ventes, on n’achetait pas les biens et les assignats restaient dans la
circulation. Bientôt leur valeur fut dépréciée; les marchands ne les
acceptaient plus en échange des objets de première nécessité, ou, s’ils les
acceptaient, ils exigeaient en assignats une somme bien supérieure à
celle qu’ils auraient demandée en numéraire. En août 1793, un franc
en argent valait six francs en assignats.
En 1796, des émissions nouvelles portèrent la somme des assignats
à 45 milliards. Leur valeur réelle ne fut plus que la 200e partie de
celle inscrite sur chacun d’eux. Enfin, on brisa la planche aux assi
gnats, et les familles qui eurent confiance dans ce papier-monnaie
furent ruinées.
79e Lecture. — La Marseillaise.
En 1792, le régiment de Rouget de Liste venait d’arriver à Strasbourg.
Ce jeune capitaine du génie, à la fois poète el musicien, fut reçu avec
sympathie dans la maison du maire.
Le 25 avril, celui-ci réunit à sa table les officiers de la garnison qui
se préparaient à partir en campagne. « Monsieur de Lisle, dit-il à

